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L'invité de "l'Huma"

Du lundi 6 septembre au vendredi 10 septembre, Roger Martin à été l'hôte de la rubrique "L'Invité de l'Humanité" dans le journal éponyme. Ce sont les cinq chroniques qu'il a écrites cette semaine-là qui sont ici reproduites avec l'autorisation de l'Humanité.

 

L’invité de la semaine
Article paru dans l'édition du 6 septembre 2004.

Roger Martin Écrivain (*)

Samedi 16 heures. Il y a encore vingt minutes je collais des affiches avec Sylvain, dix-neuf ans, bachelier, dans quelques jours étudiant en japonais à Paris. Sylvain a adhéré au Parti communiste il y a quelques mois. Il hésitait entre le PC et la LCR. Le baiser mortel Arlette-Olivier a fait pencher la balance. Trois mois plus tard, Sylvain a décidé de devenir membre à part entière de la cellule Danièle-Casanova. C’est un garçon sensible et réfléchi, timide parfois, avec moi surtout, qu’il n’arrive toujours pas à tutoyer. C’est normal, je suis son ancien prof. Sylvain, donc, est le contraire d’un excité et n’a rien d’un provocateur. Pourtant, lorsqu’un quadragénaire sportif et réprobateur nous a demandé à deux reprises en hochant la tête devant nos affiches " si nous n’avions pas honte ", j’ai bien cru discerner dans ses yeux une certaine irritation. Un certain soulagement aussi lorsque j’ai expédié le quidam en proclamant bien fort notre fierté de communistes.

Et tandis que nous poursuivions cet affichage dans le canton de Pernes, tout en discutant avec Sylvain, je me demandais comment des jeunes gens pouvaient nous rejoindre malgré le poids d’une histoire et d’une mémoire trop souvent hémiplégique et les attaques dont nous continuons d’être l’objet, ici dans la rue ou sur le plateau d’Arlette Chabot. Fallait-il qu’au-delà du matraquage idéologique et des contre-vérités proférées dans trop de lieux et sur trop de médias le mot communiste et les idéaux qu’il évoque fussent assez forts pour vaincre les courants contraires et faire naître encore des rêves de justice !

Car Sylvain n’est pas seul. En même temps que lui sont arrivés Jean-Michel, vingt-trois ans, ouvrier jardinier, et Elsa, la trentaine, dont le courrier des lecteurs de l’Huma accueille parfois la prose révoltée. Toujours au volant, je me disais qu’il serait temps de revenir à la fierté communiste. Oui, nous avons commis des erreurs. Pis, nous avons couvert des crimes. Oui, il fallait analyser le passé sous peine de se condamner aux mêmes errements. Mais notre repentance est restée unilatérale. Colonialisme, guerres impérialistes, Indochine, Algérie vos auteurs se gardent bien de reconnaître la paternité de vos désastres. Quant aux crimes économiques et sociaux de masse, l’emploi dévasté, les hommes et les femmes broyés par un système toujours plus inhumain, qui accepte d’assumer leur cortège de malheurs et de tragédies ? Extrême droite, droite, socialistes, quand vous livrerez-vous à votre propre repentance ?

Voilà tout ce que je me racontais ce samedi. Pêle-mêle affluaient les souvenirs des jours de combat, des jours d’espoir et de ceux où, amer et désespéré, comme beaucoup d’autres, je me demandais si le rocher finirait un jour par s’arrimer solidement, si tout ne serait pas toujours à recommencer.

On est arrivés chez Sylvain. Il m’a serré la main, a dit : " On se voit à la Fête de l’Huma. "

Ce sera sa première. Il doit y amener deux copains, qui, comme lui, vont étudier à Paris.

Seul à présent dans la voiture, la gorge serrée. Sa façon de dire l’Huma, cette intimité avec un journal qu’il n’a découvert que six mois plus tôt, sa certitude tranquille ont réveillé en moi des souvenirs de jeunesse. Je ne lui ai pas dit que le combat serait rude, que rien n’est jamais acquis, que devenir communiste n’ouvrait aucune porte dorée. Je ne lui ai pas dit non plus le bonheur et la force retrouvée à le compter parmi nous.

(*) Auteur de vingt-cinq romans, enquêtes, BD. Militant communiste, Roger Martin a coordonné le recueil 36 nouvelles noires pour l’Humanité.

 

L’invité de la semaine
 Article paru dans l'édition du 7 septembre 2004.

Roger Martin Écrivain

Je suis un type coléreux mais le militantisme a empêché que je devienne méprisant et je ne supporte pas le " Tous des cons ! " confortable qui permet à beaucoup de se replier dans leur tour d’ivoire. Car j’aime les gens qui valent souvent mieux que ce que l’on croit. J’avoue pourtant que je suis pris de rage lorsque je vois dans tant de mains cette revue glacée et onéreuse baptisée Entrevue. Je surprendrais sûrement ses lecteurs si je leur disais qu’elle n’est jamais que la version moderne, fesses et sexe en sus, du Ici Paris de leurs parents, et si je leur recommandais le film de René Allio, Rude journée pour la reine, où la femme de ménage - émouvante Simone Signoret - trouve la force, en rentrant chez elle épuisée, de plaindre les malheurs des célébrités. Vers 23 heures, hier soir, ma température est montée brutalement. Une émission intitulée les Gagneuses donnait la parole à diverses personnalités richissimes. J’ai entendu, avec de fortes envies de meurtres, Mona Ayoub puis Ivana Trump se livrer à leur propre panégyrique. Ah ! ce n’étaient pas ces femmes courageuses et volontaires qui réclameraient les 35 heures ! " Tu te fais du mal ! " m’a dit ironiquement ma femme. En zappant, elle a mis fin à mon calvaire. Des femmes vêtues de bleu chantaient à présent. En breton. Nous le savions pour avoir déjà vu cette scène. Instantanément, nous avons retrouvé l’émotion originelle des Penn Sardines. Un téléfilm de Marc Rivière, qui plonge au cour de la grève des sardinières, en 1924 à Douarnenez. Une lutte titanesque contre un patronat de droit divin qui recrute des briseurs de grèves professionnels et n’hésite pas à faire tirer sur un maire trop proche des grévistes. Un combat où se manifeste la solidarité des premières mairies communistes de la banlieue rouge, où un syndicaliste de la CGTU arrive, héros des temps nouveaux, pour aider à organiser, Talon de fer de Jack London dans la poche. Un téléfilm qui vous serre la gorge, fait passer la chair de poule, monter aux yeux des larmes d’émotion, donne envie d’entonner l’Internationale ! Qui traite les spectateurs avec dignité, qui parle du monde réel avec des mots, un ton justes, une oeuvre simple et forte. Ce n’est pas si courant. Si vous n’avez pas vu Penn Sardines, achetez en DVD ce film qui a touché des millions de spectateurs. Témoignage éclatant de ce que peut faire la télévision quand on lui en donne les moyens, c’est une arme de combat. J’oubliais : tout une région s’est mobilisée pour le tournage, des figurants l’ont été bénévolement, un énorme travail de restitution des chants d’époque a été accompli et les acteurs sont tout bonnement épatants. Carole Richert, forte et fragile, Vincent Winterhalter, formidable et fraternel, Charlotte Valandrey, admirable teigneuse, Jean-Marie Winling, patron paternaliste, onctueux et cynique, Sylvie Granotier, bourgeoise égoïste et imbue de ses préjugés de caste.

Au fait, Sylvie est aussi auteur de romans noirs et d’une des 36 Nouvelles noires pour l’Humanité. Elle sera à la Fête de l’Huma. Un bon signe. Nul doute qu’elle apportera avec elle un peu du vent de révolte et de fraternité des Penn Sardines.

 

L’invité de la semaine
Article paru dans l'édition du 8 septembre 2004.

Roger Martin Écrivain

Coordinateur des 36 nouvelles noires

pour l’Humanité.

Avez-vous remarqué qu’il n’est pas un acte qui ne soit placé aujourd’hui sous le signe de Dieu. Je sais bien que vous me répondrez que le Gott mit uns des Allemands et le God on our Side des Américains ne datent pas d’hier et que la colonisation des Amériques, et les guerres qui dévastèrent l’Europe pendant plusieurs dizaines de siècles se firent une arme dans la main droite, un crucifix ou la Bible dans la gauche. Mais quand même ! J’avoue que d’entendre, le 8 mai, le maire de Velleron saluer la présence du curé en lui disant " mon père " me paraît tout autant une violation de la laïcité que les crucifix d’Alsace, les cours de religion de Moselle, le port du voile, de la croix ou de la kippa à l’école. Et quand le moindre footballeur se signe en rentrant sur le terrain, je m’inquiète sérieusement pour mes frères agnostiques ou athées dont institutions et gouvernants actuels semblent oublier jusqu’à l’existence. Faudra-t-il un jour nous réfugier dans des cavernes pour échapper à l’embrigadement religieux ? Sans doute suis-je parfois trop chatouilleux, mais découvrir une croix sur le cercueil de ma mère, qui n’avait jamais ni pratiqué ni cru en Dieu, m’a mis hors de moi, à l’incompréhension peinée et sincère de la société de pompes funèbres, à qui je rappelais que nous vivions dans un état laïque et qu’à moins de volontés expresses de la famille, la croix était de trop. Cette croix, qui orne tous les arrosoirs du cimetière du Petit-Saint-Jean à Aix-en-Provence, me confirme à chaque passage que la France est toujours la fille aînée de l’Église. Qu’on ne me fasse pas de faux procès : je respecte la foi sincère qui n’essaie pas à toute force de vous convertir - c’est valable en politique où nombre d’adhésions au forceps et à l’usure ont produit des retours de bâton bien cuisants -, et je sais pertinemment le rôle qu’ont joué dans divers pays des croyants, proches des peuples. Mais je ne peux m’empêcher de me rappeler une scène étrange vécue à Atlanta, lors de la préparation de la convention démocrate de 1988. Alors que je travaillais sur place à " AmeriKKKa ", Janet Caldwell, une amie progressiste, m’avait emmené à la réunion de préparation d’une conférence de Jesse Jackson. Il y avait, là, représentants des Églises noires, d’associations et partis progressistes, de la municipalité, de la police, des élus. Avant que la réunion ne commence, le silence se fit et je vis toutes les têtes plonger vers le sol - celle de Janet comprise -, cependant qu’un pasteur disait une prière. Sans que j’aie eu besoin de lui poser la moindre question, Janet m’expliqua, à la sortie, qu’il lui était impossible de faire autrement, qu’elle connaissait assez 7 autres personnes dans la salle pour savoir qu’elles étaient dans le même cas. Reconnaître son athéisme ou son agnosticisme, c’était se couper des autres, c’était se priver de participer au combat d’alors, et donc le priver d’apport plus radical.

C’est ce jour-là que j’ai mesuré à sa juste valeur - car nous n’étions pas au coeur de la convention républicaine - le prix de notre laïcité française. Et si je pense ardemment que le dialogue est indispensable avec ceux qui croient au ciel, si j’ai lu avec intérêt et avec émotion ici même les témoignages des jeunes de la JOC, je n’oublie pas que la religion sert trop souvent encore, hic et nunc, à dévoyer les aspirations et les combats de ceux qui souffrent du désordre et du pillage organisés du monde.

 

L’invité de la semaine
Article paru dans l'édition du 9 septembre 2004.

Roger Martin Écrivain

J’écoute beaucoup de musique en roulant. Par vagues, " en boucle ", comme on dit à présent. Et je reviens toujours, entre Ferrat et Mouloudji, Seeger et Springsteen, Tryo et Blankass, à celui que Jean d’Ormesson - qui entend juste - a décrit comme le " Rimbaud de notre temps ", ce qui ne l’a pas empêché de lui préférer pour invité chez Drucker le très consensuel et gentillâtre Delerm. Je veux dire l’écorché Allain Leprest, qui bouleversa cet été l’auditoire du formidable festival Chanson de paroles de Barjac, avec l’amitié complice d’un autre grand qui a nom Romain Didier. Et, à chaque fois, je me retrouve en proie à la même émotion, un mélange troublant de nostalgie et d’exaltation devant Bilou, J’étais un gamin laid (Un grand sabre en papier/Au ciseau découpé/Dans un Huma/ Dimanche) ou ce chef-d’éuvre absolu qui a nom la Retraite. Alors arrive SDF, ce bijou, et vient gronder la Colère, aux accents hugoliens, et des frissons de révolte me traversent. Nom de Dieu ! Dans les manifs ici, Johnny allume le feu dans les sonos et Pagny y larmoie sa liberté de penser. Et je rage de voir qu’avec la complicité des possédants - et notre aveuglement parfois -, chaque époque sait trouver des révoltés de pacotille, des révolutionnaires en peau de lapin pour amuser la galerie et faire justement avorter la révolte, la vraie, celle qui ne se trompe pas d’adversaire et veut toujours mettre à mal l’ordre du fric et l’exploitation de l’homme par l’homme. Un exemple flagrant de cette habileté manéuvrière, c’est ce que j’appelle méchamment " la savonnette James Dean ", qu’on refile tous les vingt ans aux nouvelles générations comme emblème de la rébellion. " Rebel without a cause ", claironnait le film le plus célèbre de cet acteur, pâle imitation de Marlon Brando et Paul Newman, qu’une fin tragique et précoce transforma en icône. Mais au même moment, d’autres se battaient contre les séquelles du maccarthysme, contre la ségrégation et payaient au prix fort leur engagement. Rebelle sans cause quand il y avait - et qu’il y a toujours - tant de causes à se rebeller, mais c’est à vomir ! Alors, je n’accepte pas, dans un monde en état d’urgence, qu’on continue à promouvoir les petites audaces bidon, la complaisance et les coups de griffes sans gravité qui procurent à bon marché une réputation d’esprit fort et d’homme libre. Les gardiens du temple de la marchandise, les hérauts du pouvoir des monopoles ne s’y sont jamais trompés. La censure, la vraie, celle qui étouffe l’éuvre et le créateur, il y a bien longtemps qu’elle sait où et qui frapper, elle qui a su s’accommoder du cul et du sexe devenus industrie sonnante et trébuchante. Le chanteur le plus censuré de France, le recordman absolu des textes " blacklistés ", c’est toujours Jean Ferrat. Il est vrai qu’il ne limite pas sa liberté de penser à celle de dépenser et qu’il ne ménage pas ses coups de boutoir à l’horreur économique. Aujourd’hui, la révolte, la vraie, c’est à la source qu’on l’empêche de s’exprimer. Le plus talentueux auteur-interprète français de ces vingt dernières années, le père inspiré et fraternel de Sacré coco, de la Kermesse et de Good-Bye Gagarine, ne doit sa survie qu’à une petite armée de passionnés. Vous l’entendez sur les ondes ? Ses disques inondent-ils les gondoles des supermarchés ? Mais si les promoteurs de Star Ac et autres Loft ne font jamais que leur sale boulot en anesthésiant les cris de conscience, que dire de ceux qui ne font pas l’effort de découvrir les créateurs qui ont choisi, contre vents et préjugés, le combat de l’humanité et de la révolte ?

Et toi, lecteur, toi ami de l’Huma, toi amoureux de beaux textes et de vrai talent, toi, frère de combat, connais-tu Allain Leprest ?

 

L’invité de la semaine
Article paru dans l'édition du 10 septembre 2004.

Roger Martin Écrivain

Il est aisé de refaire l’Histoire après coup. Chacun peut y aller de son analyse, vouer aux gémonies le salaud ou encenser le juste et rebâtir la cité idéale. Le monde réel, hélas ! ne se réduit pas à la unhappy few qui va chercher en profondeur, loin de l’information coup de poing, les causes des problèmes de notre temps.

Cesare Battisti a disparu. Beaucoup s’en félicitent. Sa fuite - compréhensible ô combien ! - est cependant dramatique. Sauf à confondre cinéma et réalité, il est clair que ses responsables disposent de moyens illimités et de réseaux internationaux pour mener à terme une logique politique implacable. En témoigne l’arrestation au Mexique d’une ancienne activiste quelques jours avant prescription, mise en scène sadique où le chat rattrape in extremis la souris.

Démonstration a été faite qu’au-delà d’appréciations différentes portées sur les activités passées de Battisti ou la façon dont a été organisée sa défense, le respect de la parole donnée et la reconnaissance d’une situation particulière qui a nom années de plomb auraient dû lui rendre une liberté totale. Tout le reste n’est que politique politicienne. Je n’entamerai pas ici un nouveau plaidoyer - d’autres l’ont fait et mieux que moi - je ne poserai pas la question de son innocence parce que j’ai signé aussi pour des militants d’Action directe qui revendiquaient encore leurs actes. Je n’aborderai pas la personnalité de Battisti, que je connais à peine, parce que les dreyfusards se souciaient peu que Dreyfus fût bon père ou de commerce agréable. Car c’est devant un problème politique que nous nous retrouvons. Comme beaucoup, je suis persuadé que Chirac, Perben et consorts mesurent parfaitement la solidité du dossier présenté par Fred Vargas et Claude Mesplède. Mais si les prolétaires de tous les pays ont cessé de s’unir, les tenants de l’horreur économique ont su, eux, serrer les rangs. L’attaque frontale lancée contre Battisti et d’autres réfugiés italiens marque une nouvelle étape des violations des droits de l’homme, aussi dépourvue d’humanité que son pendant économique, les délocalisations sauvages. Il s’agit d’une démonstration de force contre tous ceux qui entendent protester et faire valoir leurs droits. Comment ne pas considérer que cette extradition réclamée par Berlusconi et des ministres issus de l’extrême droite est un avertissement au peuple italien ? Une menace explicite au cas où il serait tenté de revenir à un radicalisme politique qu’on ne trouve plus guère actuellement que dans les rangs de certains Verts italiens et de Rifundazione Communista. Une stratégie d’intimidation sur fond de chantage. L’ignominie, ce n’est pas tant que des politiques italiens - certains ont eu des liens avec la Mafia, d’autres ont exercé des responsabilités importantes dans des mouvements fascisants, ont été membres de la loge P2 et se sont livrés dès 1945, en collaboration étroite avec la CIA, à des tentatives reconnues de déstabilisation de l’Italie - veuillent faire un exemple et transformer Persichetti, Battisti et leurs semblables en épouvantails rappelant à tous ceux qui voudraient lever le doigt de la couture de pantalon le sort qui les attend. Non, l’ignominie c’est que Chirac, élu avec nos voix, Perben ou Sarkozy, se réclament de De Gaulle pour faire passer les méthodes de Pétain, foulent au pied une certaine tradition française, couvrent de leurs cris d’orfraie les voix vibrantes de Victor Hugo dressé pour l’amnistie des Communards, de Zola en lutte pour la réhabilitation de Dreyfus et reçoivent, pâmés devant ses roucoulades calamistrées, le baiser qui tue du capo di tutti capi du capitalisme européen !