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Axel  Red : La môme girouette

 

Quelle mouche me pique encore, me demandent, interloqués, de bons amis et de francs camarades !
Que tu attaques Patrice Laffont – qui dans mon village ce 8 mai, pour la Fête de la fraise, déclarait que le prix des fraises à Paris était scandaleux : il va finir à Lutte ouvrière ! – ou même Régine Desforges, qui depuis deux ans se répand dans les pages culturelles de l’Humanité, sans oublier  d’y faire une pub peu discrète pour l’éditeur Frank Spengler, dont elle omet simplement de préciser qu’il est son rejeton, passe encore !
Mais Axel Red, qui dénonce, d’une voix fluette, certes, mais avec tant de sincérité, dans Paris-Kaboul, les atrocités de la guerre et les conditions ignominieuses faites aux femmes et aux enfants d’Afghanistan !
Comment, tu n’as pas été ému, chez Drucker, qui n’est pas un mauvais diable, par le duo humaniste qu’elle formait avec Renaud, qui a propulsé les ventes du dernier C.D de l’éternel révolté à deux millions d’exemplaires ?
 
Eh bien, non , je n’ai pas été ému par leur œuvre commune qui n’est pas qu’une bluette insignifiante, mais aussi un monument d’hypocrisie !
Je reviendrai plus tard sur Renaud, car l’alcoolisme de Mister Renard n’est pas ce qui me dérange chez ce caméléon aux fréquentations douteuses, qu’il est toujours dangereux de critiquer tant le bonhomme a réussi à être consensuel et je dirai tout net ce que je reproche à cette chanteuse insignifiante qui porte, hélas, le même patronyme que l’auteur de Dix Jours qui ébranlèrent le monde qui n’avait pas, lui, de rouge que le nom.
 
Car, entre le duo larmoyant de chez Drucker et une interview aux accents révolutionnaires un mois plus tard dans l’Humanité, notre Axel, qui ne craint pas le grand écart, a fait du théâtre aux Armées.
 
Etait-ce la condition de son premier passage chez l’ex-gendre que les Françaises auraient voulu avoir, mais quinze jours plus tard, on retrouvait notre pacifiste lors de la grande soirée de promotion d’un nouveau porte-avion nucléaire, organisée justement par le même Drucker – et vraisemblablement quelques discrets commanditaires – sur le Charles de Gaulle.
Or, un porte-avion – reprenez-moi si je me trompe – ça sert justement à porter des avions et surtout à leur permettre de décoller pour offrir, modernes cigognes, des cadeaux d’un genre très guerrier aux confins du monde.
 
Pas plus que beaucoup, je n’ai goûté les déclarations de Bernard-Henri Lévy, des ex-gauchistes Romain Goupil, Pascal Bruckner et autres « Navarro » sur la nécessité de soutenir la mission civilisatrice du Pays de la Liberté. Pour autant, j’ai autant de mal à supporter ceux qui jouent sur les deux tableaux, gardant précieusement une poire pour la soif et tournant à tous les vents de la mode ou du « contexte » et disant une chose et son contraire sans problèmes apparents.
 
Allez, je serai bon prince : je ne souhaite qu’un mal à notre révolutionnaire de porte-avion :  qu’un jour, un de ces enfants-victimes qu’elle semble tant apprécier et qui lui inspirent une compassion déchirante  ait pour elle la fameuse saillie de Pagnol.
 
 Quand les cons voleront, tu seras chef d’escadrille ! »
 
Rassurons-la . Elle a déjà le porte-avion.
Reste à trouver le zinc…