Coups de Gueule Coups de Cœur

 

Courrier d’humeur

 

En réponse à un article paru dans «813» et intitulé Mickey Spillane, le mal aimé …
(non publié par la revue et resté sans réponse…)

Ayant conçu le dessein, lors des années « Hard-Boiled Dicks », de publier un numéro consacré à Mickey Spillane, auteur controversé dont l’œuvre méritait néanmoins une attention extrême, je me suis jeté à réception de 813 sur l’article que lui consacre Augustin Riera.

Dites moi tout ! Cet article est-il un gag ? Sinon, comment a-t-il pu être publié sans qu’on demande à son auteur de le retravailler un peu ? Outre qu’il est écrit n’importe comment, qu’on y passe sans transition du coq à l’âne, qu’il est truffé de maladresses et d’approximations, que son auteur mélange allègrement l’écrivain et son personnage, qu’y perce un peu partout une méconnaissance du roman américain en général et du roman noir en particulier, qu’on y apprenne que Spillane est un « romantique » et un « humaniste » – non, Augustin, on n’a pas le droit d’employer certains mots sans connaître leur sens !- certaines affirmations, ici et là, laissent pantois. Que veut dire l’auteur par exemple avec cette très curieuse phrase : « Nos égouts ne sentent pas mieux (sic) que les égouts yankees. (Soit !). On a même dit récemment qu’il y a un problème avec Internet, car « les Américains ont la liberté d’expression ». Ce qui n’est pas le cas en Europe, ni en France, bien sûr… »

Si j’en juge par d’autres passages de cet « article », qui fleurent le même fumet nauséabond, l’auteur des lignes est un chaud partisan de la « liberté du Net ». Yahoo peut continuer à proposer un bon millier de sites négationnistes, néo-nazis ou klanistes , puisque l’Amérique c’est « la liberté d’expression » !

Hammett, réveille toi, ils sont devenus fous !

Allez, Augustin, prends un peu plus de temps pour préparer ton livre ! Et surtout, relis les classiques du Roman noir et leurs inspirateurs, Jack London, Upton Sinclair et Théodore Dreiser. Et, s’il te reste un peu de temps, leurs disciples, Robert Finnegan, Howard Fast ou encore Michael Collins.

Eux ne sont peut-être pas des romantiques, mais assurément ce sont des humanistes.

Et ils l’ont payé assez cher, à l’époque où Mickey Spillane, l’ « humaniste éclairé », « le dernier des romantiques », « le nostalgique d’un monde idéal parfait » hurlait avec les loups et participait bruyamment à toutes les chasses aux sorcières…