Coups de Gueule Coups de Cœur

 

Grosse Colère…

 

Samedi 8 décembre 2001 : manifestation à Orange
contre la suppression des locaux de l’Union locale C.G.T. par la mairie frontiste.

Je me rappelle…

Il y a des jours, comme ça, où l’on s’énerve vite.

Je suis communiste. Dire pourquoi je le suis devenu, pourquoi je le reste prendrait trop de place, et chacun comprenant qu’avouer ce « péché » aujourd’hui n’est pas de nature à vous ouvrir les colonnes des journaux et les portes des télés, je sais qu’on ne verra pas là occasion d’une vaine publicité.

Il y a quelque temps, Patrice Laffont, fils de l’éditeur bien connu, et présentateur « vedette » de Pyramide se permettait de suggérer, avec l’humour qu’on lui reconnaît dans Télé-Star et Gala, « Imbécile », à la définition proposée de « communiste ».

C’est après tout le droit le plus imprescriptible de cet intellectuel bien connu de penser que les communistes sont des imbéciles.

Je regrette simplement qu’une vedette de son importance, dont les idées et les propos exercent sans nul doute une influence considérable sur son auditoire, oublie en certaines circonstances ce franc-parler qui le fit ainsi tirer sur une ambulance déjà exposée aux feux croisés de beaucoup de monde.

C’était il y a quelque temps : le présentateur vedette avait momentanément délaissé son émission phare pour les planches, puisque, selon une habitude désormais ancrée chez nombre de ses confrères et consœurs, ce polyvalent multiplie les casquettes.

« Revenu », selon La Provence, « à ses amours théâtrales », ne tenait-il pas le rôle principal de l’éminent chef-d'œuvre de son confrère de France 2, Luq Hamet, Le Politocard ?

C’est sous ce titre que la pièce se jouait lors d’une tournée dans le sud-est jusqu’à un certain soir où elle se retrouva soudainement rebaptisée Penalties. Je découvris, moi, habitant de Carpentras et auteur d’un Main basse sur Orange qui m’avait valu pas mal de menaces et déboires pour des raisons aisément compréhensibles, que la substitution était intervenue en une seule occasion, dans la ville dont le Prince est lepéniste…

Que le Prince d’Orange n’ait pas voulu qu’on puisse croire que le spectacle s’était inspiré de lui, voilà qui ne m’étonna pas.

Que le présentateur vedette, intrépide contempteur du communisme, ait pu, le doigt sur la couture du pantalon, accepter de passer sous les fourches caudines du susdit, en revanche, ne manqua pas de me laisser pantois.

Si j’étais un imbécile, quel terme définitif notre maître à penser n’allait-il pas réserver à celui qui se vante encore d’avoir cassé toute activité sociale et culturelle dans sa ville ?

Rien. Pas un mot. Pas l’ombre d’une protestation, pas la moindre velléité de révolte…

Finalement, j’aurais dû m’y attendre. La vedette de Penalties ne méritait pas même un carton rouge. Celle du Politocard n’avait–elle pas affiché la couleur ?

Poli, Patrice Laffont ? Peut-être… Tocard ? Certainement…