Serguei Dounovetz, L’Ange exterminateur

Journal l'"Humanité-Hebdo" du Jeudi le Jeudi 6 août

Noir déjanté . Les envoyés du ciel ont parfois de drôles de missions.
Un ange sans ailes, éditions Moisson rouge, 243 pages, 15 euros.

Quand on vous dit que le roman policier n’existe pas, qu’il est une auberge espagnole où chacun apporte son plat préféré, un arbre dont chaque branche produit des fruits différents des autres ! Un ange sans ailes, est l’illustration parfaite de cette contamination des genres ! Prenez un tueur à gages, dont l’employeur n’est autre que l’archange Gabriel, faites-lui croiser, pas si accidentellement que ça, une bombe sexuelle répondant au doux sobriquet de Nombril, dans un établissement de nuit au nom évocateur de Dancing Vampire, ajoutez le propriétaire dudit dancing, un psychopathe patenté au patronyme délicieusement florentin, flanqué d’une paire de lieutenants aussi pervers que siamois, laissez s’entretuer tout ce joli monde avant de le lancer aux trousses de Lavirole, un ancien de la Milice au palmarès particulièrement éloquent, entre poursuites et règlements de comptes aussi ravageurs que hauts en couleurs, et vous obtenez un road-movie picaresque, subtil mélange de noir et de fantastique, servi par une plume alerte et truculente, qui manie avec brio et humour, en le parsemant de clins d’oeil et de private jokes, un récit mené train d’enfer.

Ne laissez pas passer cet ange !

Roger Martin