Ysa Dedeau : Plus courte sera la nuit

Journal l'"Humanité-Hebdo" du Jeudi le 22 janvier 2009

Paysage provençal avec enfer : Sérial killer intimiste et tragédie banalisée.
éditions Mélis noir, 225 pages, 16 euros.

Un livre très sombre, désespérant même que ce Plus courte sera la nuit d’Ysa Dedeau. Une fausse histoire de tueur en série, où se croisent les destins tragiques de l’inspecteur Scaglia et de la belle Lou qui s’abîme dans des rencontres abjectes cependant qu’elle doit sacrifier son talent d’artiste à peindre au kilomètre des croûtes vaguement provençales. Un récit pesant, poisseux, où s’affrontent deux solitudes sur fond de chiennerie et mesquinerie humaines. Un récit intimiste, hors mode, une descente aux enfers où l’on retrouve parfois l’atmosphère douloureusement résignée des romans du maître de la désespérance banale et quotidienne, David Goodis lui-même.

Roger Martin