Le Prince de Lexington avenue : de James Sheehan
La Loi de la seconde chance : de James Sheehan

Journal l'"Humanité-Hebdo" du Jeudi le 15 janvier 2009

 

Jack Tobin ne lâche rien : États-Unis. Double plongée dans l’Amérique contemporaine. Au bout du couloir, la mort. Ou la rédemption.
 
Le Prince de Lexington avenue, de James Sheehan,
Éditions Belfond noir. 462 pages, 20 euros.
La Loi de la seconde chance, de James Sheehan,
Éditions Belfond noir. 442 pages, 20,50 euros.

Nouveau venu du roman noir américain, James Sheehan vient de publier coups sur coup deux romans qui méritent le détour. Tous deux mettent en scène Jack Tobin, ex-avocat d’affaires qui a renoncé à une carrière aussi brillante que lucrative pour revenir aux idéaux de sa jeunesse. Son nouveau combat, son seul combat, c’est à présent la défense de condamnés à mort. Rien de très nouveau ? Et pourtant… Sheehan connaît admirablement la question et c’est avec un art consommé qu’il nous entraîne au coeur de la machine judiciaire comme dans les bas-fonds d’une société où grouille une humanité misérable et malheureuse à la fois, où le sordide côtoie le magnifique, où du fumier surgissent parfois d’authentiques figures grandies par la rédemption.

Contrairement à maints ouvrages où l’aspect judiciaire n’est qu’artifice ou ressort dramatique, les deux romans de Sheehan témoignent d’une réflexion aiguë sur la société américaine, l’injustice profonde et la froide inhumanité qui ont dévoyé les idéaux des Pères fondateurs. Bien mieux que certains livres à succès roublards et spectaculaires, ces deux romans, qui exposent crûment les plaies d’une société inégalitaire gangrenée par un véritable apartheid social, constituent d’authentiques plaidoyers contre la peine de mort dont la sincérité transparaît à chaque page.

Roger Martin