Laurent Martin : Cantique des gisants,

Journal l'"Humanité-Hebdo" du Jeudi 9 août 2007

Polar. Une sélection tout-terrain pour un été chaud

Le Passage.

Roman noir encore que ce Cantique des gisants (superbe titre) que nous propose Laurent Martin. On y retrouvera bien sûr les ingrédients traditionnels du genre, corruption, prévarication, délits d’initiés, à une échelle plus modeste certes que l’Algérie de Lartane et la planète de Fradier, celle de Marne-la-Vallée, qui fournissait déjà le décor de son remarquable Ivresse des dieux. Ici, c’est la fatalité qui règne en maîtresse. Un accident, une enveloppe bourrée de billets, il n’en faut pas plus pour précipiter Patrice et Mathilde dans une spirale qui ne peut que conduire à la tragédie. L’intérêt du récit de Laurent Martin tient, outre une histoire solidement ficelée, à l’originalité de la narration : comme chez Perec, le même événement est ici successivement vécu par différents protagonistes et la narration, presque entièrement au passé composé, repose sur de nombreux dialogues entrecoupés de phrases très brèves. Un parti pris dont l’originalité constitue, paradoxalement, la faiblesse - relative ! -, les exercices de style courant toujours le risque une certaine lassitude.

Roger Martin