James Lee Burke: Bitterroot

Journal l'"Humanité-Hebdo" du Jeudi 9 août 2007

Polar. Une sélection tout-terrain pour un été chaud

Rivages/Thriller, et Purple Cane Road, Rivage/Noir.

Au petit jeu du « plus grand des… », S’agissant de la mère patrie du roman noir, il y a les fanatiques d’Ellroy, les mordus de Connelly, les frappés de Lehane, les dingues de Pelecanos, les aficionados de Coben. M’en voudra-t-on beaucoup si j’avoue ici ma préférence pour James Lee Burke ? La parution du superbe Bitterroot et la réédition de Purple Cane Road ne sont alors que des prétextes à vous conseiller, si ce n’est déjà fait, de lire tout Burke et si possible dans l’ordre de parution. Dave Robicheaux et Billy Bob Holland, ses personnages fétiches, qui évoluent entre Louisiane et Montana jamais décrits avec pareil lyrisme, sont à mes yeux les plus fortes créations littéraires du roman noir des deux dernières décennies. Les plus émouvantes, aussi. « Humains, trop humains » ? Sans doute, mais éloignés de tout manichéisme, écartelés entre « le pessimisme de l’intelligence et l’optimisme de la volonté », pour reprendre la superbe formule de Gramsci. Et finalement pleins d’humanité.

Roger Martin