Tout doit disparaître

Journal l'"Humanité-Hebdo" " du Jeudi 6 avril 2006.

Fable . Entre polar et SF, un récit politique sur l’univers consommationnaire. Un premier roman prometteur

Zanimarre, de Jean-Paul Renoux. Éditions Amalthée, 19 euros.

Bien que Zanimarre ne soit pas à proprement parler un roman noir, mais plutôt un roman de science-fiction mâtiné de fable politique et écologique et greffé sur une trame policière, on le signale ici, car malgré des longueurs et certains tics d’écriture qui lassent vite, l’ouvrage témoigne de l’imagination et de l’inventivité d’un jeune auteur, dont c’est le premier livre, mais aussi d’une habile construction. L’idée de base du récit, un monde régi par une Organisation mondiale de la consommation dont le but est « d’apporter à chacun la satiété et de pousser les consommateurs à consommer toujours plus », est assurément originale. Une vague d’attentats de masse dans les temples modernes de la consommation, dont le premier va laisser sur le carreau 812 fidèles, une révolte incompréhensible, mais meurtrière, des animaux qui s’en prennent aux humains, voilà le point de départ de l’énigme que devra résoudre le héros du livre, un kiné peu argenté, vaguement musicien, qui a été choisi malgré lui pour succéder à un représentant de la mystérieuse Organisation. Quand il découvre que son prédécesseur a été assassiné, il est trop tard pour reculer. D’ailleurs, le pourrait-il ?

Roger Martin