Mike Quin

par Harry Carlisle*

Mike Quin, de son vrai nom Paul William Ryan, est né en juillet 1906, dans le quartier irlandais ouvrier dit "au sud de la fente"* *  à San Francisco, juste après le tremblement de terre et le grand incendie. Son père, qui ne tardera pas à divorcer d'avec sa mère, était un représentant de commerce irlandais. Sa mère, une couturière qui comptait parmi ses ascendants des Irlandais, des Français, des Juifs. Avec lui, un frère, Ralph, et une soeur, Alice.

Le tremblement de terre avait à ce point marqué les esprits que son enfance fut "bercée" régulièrement par les récits, les anecdotes, les commentaires s'y rapportant. C'est lui qui inspirera ses premières réflexions : des interrogations sur l'existence de Dieu.

Le pli était pris, et très jeune, les conflits sociaux, la pauvreté, la crise, le chômage, l'affaire Mooney-Billings, condamnés à mort, sous une accusation mensongère, mûrissent très vite sa conscience sociale.

Il commence tout jeune à travailler, pendant une épidémie de grippe, en aidant à soigner les malades, puis dans un magasin d'habillement. C'est la période de dépression qui commence et il est l'un de ces "hommes de la pluie", sans travail, vagabonds et errant dans les rues, ne sachant pas s'ils mangeront le lendemain. A un moment il trouve un travail qui consiste à épousseter des boites contenant des articles de bonneterie. Pas longtemps. C'est ensuite différents petits boulots sans rapport entre eux. La nuit, il écrit : des vers, des essais, des histoires qu'il cache à sa famille, sauf à Alice, sa soeur, surnommée Muff, qui comprend ses aspirations et ses élans. Il est assoiffé de connaissances, étudie les sciences par correspondance, avant que les pressions de sa mère ne le poussent à étudier quelque chose "d'utile" : le commerce. Il travaille dans une entreprise de liquidation de marchandises saisies. La morale qui inspire ses propriétaires ne tarde pas à le dégoûter : "Les Bons s'élèvent comme une bulle, les Mauvais coulent comme une pierre".

Il rencontre alors celui qui deviendra son ami jusqu'à ce qu'il trouve la mort dans les rangs républicains pendant la guerre d'Espagne, Fritz Orton.

Mike, qui a quitté l'atmosphère de vénalité et l'esprit de lucre de l'entreprise de liquidation, suit Fritz aux cours de philosophie donnés à Stanford, mais c'est une nouvelle déception. Il les trouve arides, improductifs, totalement coupés de la réalité de la vie.

De retour à San Francisco, il travaille dans un cabinet d'assurances où son travail donne toute satisfaction. Mais il sait déjà qu'il n'appartient pas au monde des affaires. Son but, c'est déjà de devenir écrivain et il le forge tous les jours un peu plus profondément quand il va rêver devant la plaque commémorative de Robert Louis Stevenson à Portsmouth Square. Et puis il monte au haut de Russian Hill et contemple la baie, les bateaux, rêvant l'Aventure, avant de regagner sa petite chambre pour écrire.

Car le virus l'a saisi. Il écrit, il écrit toujours mais, insatisfait du résultat de son acharnement, il sent qu'il lui manque la maturité qu'apporte l'expérience personnelle.

Cette expérience, ce n'est pas dans un bureau qu'il l'acquerra en y menant "une vie dont tous les jours se ressemblent".

Il a 19 ans, il s'embarque.

Cette période de sa vie va lui fournir une riche source d'inspiration, de faits, d'émotion et d'expérience. Il aime la camaraderie des marins qui ne connaît ni les nationalités ni les races. Il en découvre aussi la vie véritable, âpre et dure, sans les enjolivements dont l'ont paré les récits romanesques à l'exception des romans de Jack London et Joseph Conrad*.

Il découvre aussi le syndicalisme, les marins et les dockers ayant toujours été à l'avant-garde de la lutte aux Etats-Unis.

Lorsqu'il quitte la marine, trois ans plus tard, il est un autre homme.

Il part visiter de la famille à Hollywood.

Nous sommes à la veille du crack boursier de Wall Street mais à Hollywood, dans la librairie où il trouve un emploi, on s'arrache les livres rares, les éditions de bibliophiles. Il n'est pas rare qu'un livre coûte l'équivalent d'un mois de travail de docker ou de marin.

Peu importe ! Il s'abrutit au travail. Il a dans sa chambre une valise pleine de manuscrits de romans, de poèmes, de fantaisies, de récits pour la jeunesse et assez de lettres de refus pour en tapisser les murs.

Quand éclate le vendredi noir, il ne supporte plus l'atmosphère du magasin que ne fréquentent plus que des privilégiés, et, au-delà, celle d'Hollywood tout entière.

Avec un ami, il arpente Main Street à Los Angeles pour y trouver des "gens qui ne se soucient pas autant de l'image qu'ils donnent, et qui parlent sans changer leur voix".

C'est au cours d'une de ces virées qu'il gagne son pseudonyme de combat : Mike Quin... *

Il ne tardera d'ailleurs pas à l'utiliser.

Il y a en quelques mois 17 millions de chômeurs.

On en voit partout, dans les rues et sur les routes, dans les jardins publics, sous les ponts, dans les champs. Les abords des villes deviennent des bidonvilles au nom évocateur : les Hoovervilles* Mike se demande ce que font les intellectuels. Où sont les Jack London et les Upton Sinclair qui fustigeaient la jungle capitaliste ?

Il se lie à de jeunes intellectuels progressistes, un en particulier avec lequel il passe des nuits à discuter*. C'est un marxiste et il procure à Mike livres et revues.

Mike change, ses écrits aussi. Il aimait l'humour, l'ironie, la satire, il va les délaisser - provisoirement - pour la colère.

Le premier témoignage de ce changement c'est sa nouvelle The Sacred Thing qui paraîtra en 1933 dans Scribner's. C'est un texte court, dense, sombre.

C'est à cette époque que Mike s'engage politiquement en rejoignant le Club John Reed d'Hollywood, baptisé ainsi en hommage au révolutionnaire américain auteur du célèbre "Dix jours qui ébranlèrent le monde". Il trouve là un formidable stimulant intellectuel, une atmosphère de chaude amitié, des débats en profondeur sur toutes les grandes questions de société, une communion d'idées nouvelles.

Parallèlement il continue à écrire et à emmagasiner des documents.

Il assiste avec assiduité aux procès quotidiens que les cours de justice de Los Angeles consacrent à des dizaines de jeunes chômeurs arrêtés pour avoir pris le train sans billet, pour avoir dormi dans des lieux publics, dans des gares, des parcs, et condamnés pour vagabondage. Il trie, assemble les témoignages, discute avec les condamnés, recueille leur histoire et avec l'aide d'un jeune artiste mexicain compose et imprime sur une petite presse à mains, son fameux pamphlet And We Are Millions : The Story of Homeless Youth. 

Ce véritable réquisitoire connaît un retentissement considérable et Mike poursuit sur sa lancée, publiant de nombreux articles et essais dans Partisan, l'organe du Club John Reed, puis dans New Masses* et le Western Worker, qui deviendra plus tard People's World.

C'est à cette époque qu'il dit et écrit : "Il était inévitable que je rejoigne un jour le parti communiste".

Suivent quatorze années d'engagement, de luttes incessantes, d'une passion et d'un dévouement sans bornes.

En 1934, il retourne à San Francisco pour plonger à peine arrivé dans la grève des ouvriers du port. Quand des commandos de "vigilants" détruisent les locaux du Western Worker, il aide à confectionner une édition clandestine du journal, un document historique dans lequel figure son poème sur les deux ouvriers tués par la police pendant le conflit : They Are the Class War Dead.

Il devient très vite un des piliers du journal : poèmes, sketches, récits, anecdotes, satires le rendent célèbre chez les marins et les dockers. Il collabore également au journal du syndicat des ouvriers du port : The Waterfront Worker.

Il couvre les grèves, les conflits sociaux, l'Affaire Harry Bridges, celles de Tom Mooney et Warren Billings, de Jim Mac Namara, des 9 de Scottsboro.

Pendant la grande grève de 1936-37, il fait partie du comité de grève et il plaide pour un nouveau moyen de propagande : la radio, enregistrant des sketches avec de jeunes acteurs et les diffusant partout, dans des réunions, sur les chantiers...

On lui demande d'écrire l'histoire de cette grève l'une des plus formidables qu'aient connus les Etats-Unis.

Il est à ce moment-là employé par le Writer's Project et écrit dans ce cadre une Histoire de la culture du coton en Californie.

Qu'à cela ne tienne! Il écrira son livre la nuit!

Ce sera The General Strike. Il ne sera pas publié à l'époque. Aucun éditeur ne veut prendre le risque. Seul le romancier Charles Norris en fait paraître d'abondants extraits dans la revue Fortune. 

Ses rubriques réapparaissent dans le Western Worker, relancé, puis à partir de 1938 dans People's World. Il réussit à convaincre la centrale syndicale C.I.O. de la nécessité de combattre les patrons par la radio et devient Chargé de relations de la C.I.O. pour la Californie. Pendant plusieurs années, entre ses rubriques de journaux et ses programmes de radio, il va sortir de 5 000 à 10 000 mots par jour.

Son style change en fonction des événements.

S'il manie avec talent humour et ironie il est des moments où il tire au but sans fioritures, recherchant non l'effet de manchettes mais l'efficacité immédiate.

C'est particulièrement sensible après la grève générale, après l'agression fasciste de Franco, après Munich, après la destruction de Varsovie

Sa renommée s'est étendue d'un bout à l'autre du pays. Walter Winchell voit en lui "un des hommes les plus dangereux des Etats-Unis". Par contre Elisabeth Gurley Flynn loue non seulement ses idées mais aussi le style dans lequel il les formule. "Il a le don de réduire à l'absurde, en quelques mots bien sentis, les propos les plus xénophobes. Ses propos sont simples, pleins d'esprit, "peuple", mais comme le peuple parle réellement, et non comme le font parler certains démagogues ouvriéristes".

Son sketch Bongo et Wowsy est repris sur les scènes d'Hollywood et New-York et inclus dans la production musicale Meet The People.

En 1940, quand People's World publie en volume un recueil de ses articles, Dangerous Thoughts, il connaît l'une des plus belles joies de sa vie... une lettre de félicitation de Theodore Dreiser qui évoque à son sujet... Rabelais, Voltaire, Thomas Paine. Excusez du peu !

Il rencontre l'auteur d'Une Tragédie Américaine. C'est la naissance de l'estime et de l'amitié. En 1941, Dreiser écrit l'introduction de More Dangerous Thoughts et quand Mike publie The Ennemy Within, il qualifie l'ouvrage d'excellente farce sociale et presse son auteur d'écrire pour le théâtre.

Mais la guerre fait rage en Europe. Horrifié par les horreurs de la le guerre mondiale, Mike a commencé par défendre le pacifisme le plus farouche. Varsovie, Pearl Harbour, l'invasion de l'U.R. S.S. en font un partisan de la lutte contre la "bête immonde".

Il poursuit son combat en appelant à la lutte contre le nazisme mais sans semer les illusions, refusant de cacher que le conflit historique entre Patronat et Salariat n'a pas disparu pour autant.

En 1943, il est pressenti puis engagé comme journaliste à la radio de la C.I.O. dans le programme "Facts to Fight Fascism". De mars 1943 à juin 1945, il est populaire sous le nom de "C.I.O. Reporter on the Air".

La paix rend suspect ce démocrate et, malgré la grande compétence qu'on s'accorde à lui reconnaître, il est remercié en même temps que l'opinion publique américaine passant de Roosevelt à Truman se voit désigner comme ennemi l'allié d'hier.

Très vite une atmosphère anti-rouge s'instaure.

Mike prépare une série d'émissions de radio pour la National Maritime Union. Puis c'est une campagne en faveur des cueilleurs de coton. Quand il revient à San Francisco, il est littéralement vidé de toute énergie.

Il a divorcé d'avec sa première femme et s'est remarié avec Mary King O'Donnell* et a débuté une carrière d'écrivain de romans policiers qui promet d'être brillante.

Mais à son état de santé très chancelant, il faut ajouter le désarroi devant la crise qui secoue durement le P.C....*

Il poursuit ses rubriques dans le Dispatcher.

Il est au plus fort de sa puissance créatrice et écrira trois romans sous le pseudonyme de Robert Finnegan, projette un recueil de nouvelles, d'autres romans mettant en scène Dan Banion, une pièce sur la vie de Karl Marx...

Mais il est à bout, complètement épuisé par les 13 dernières années, pendant lesquelles, pas un seul jour, il n'a cessé d'écrire sous la pression des événements.

En 1944, sa femme et lui ont loué une maison. Il n'y est pas depuis longtemps quand une lettre de Los Angeles lui apprend que son frère a été grièvement blessé. Il accourt.

Quand il peut rentrer chez lui, il est malade et doit garder le lit plus d'un mois.

 Quand il va mieux, il reprend ses articles pour le Dispatcher, termine son second policier et collabore à People's World sur une base moins contraignante : 3 articles par semaines. Mais il se fatigue plus vite.

Fidèle à lui-même, il ne se plaint jamais.

En juillet 1946, une fille, Colin Michaela, est née à son foyer.

Le couple et l'enfant sont à l'étroit et le besoin d'une maison plus vaste se fait sentir.

Mike a repris sa rubrique à People's World. Certains lecteurs écrivent pour se plaindre qu'il n'écrit plus de textes "légers", d'humour, de satires.

C'est que la gravité de la situation, la guerre froide, la menace. d'un conflit atomique l'angoissent en même temps que le mal progresse en lui.

Ses écrits sont graves, plongent directement au coeur du problème.

Début 1947, il apprend à conduire ; il cherche une maison et en trouve une à Olema*. Elle n'est pas en très bon état, il y a beaucoup à faire, mais le site le séduit.

Il n'en profitera pas longtemps.

En février, ses forces l'abandonnent. Malgré l'aide d'un dictaphone, il lui faut arrêter d'écrire. Il se sent si mal qu'il se décide à voir un médecin.

C'est l'hôpital, puis la maison, puis l'hôpital à nouveau : le diagnostic ne laisse aucun espoir. Il souffre d'un cancer au pancréas à un stade avancé et les médecins ne lui donnent pas plus de deux mois à vivre.

Nous sommes au mois de mai.

Il ne reste pas inactif, essayant sans succès de travailler aux réparations nécessaires, plantant en cachette des fleurs qui fleuriront après sa mort, commençant une autobiographie non par fierté ou orgueil de ce qu'il a pu être mais pour qu'elle soit "le témoignage d'un homme ordinaire".

A un ami qui lui demande s'il pense à la mort, il se contente de répondre laconiquement : "Je n'ai jamais consacré de temps à des réflexions stériles".

Le 20 mai, rassemblant tout son courage il a tapé une lettre "Adieu à mes frères de classe".

Après avoir déclaré que d'autres écrivains devaient poursuivre son combat, que "les lettres américaines avaient besoin de 1 000 Gorki américains", il meurt, et sa mort soulève une émotion profonde.

Les témoignages de sympathie, d'affliction, affluent à People's World, le conseil de la C.I.O. organise une veillée funèbre et une manifestation commémorative a lieu à la California Labor School.

Harry Bridge, le prestigieux lutteur syndicaliste y lira le dernier chef d'oeuvre de Mike Quin, son "Adieu ù mes frères de Classe"

Olema, Californie, le 20 mai 1947.

A mes frères, les Débardeurs et Magasiniers,

Au moment où vous lirez ces lignes, la Faucheuse m'aura emporté. En d'autres termes, je serai mort.

Bien que je n'aie eu ni la carte syndicale des Débardeurs ni celle des Magasiniers, je veux que vous sachiez que j'ai été longtemps votre frère. Vous étiez mes camarades et mon orgueil et je me sentais autant votre semblable que si j'avais travaillé sur les quais en blue-jeans et un crochet à la main au lieu d'être un gosse d'ouvrier qui veut devenir écrivain. Je vous dis tout cela parce qu'au moment de mourir je ressens un intense besoin de vous faire savoir que j'étais votre frère.

Je vous quitte à l'aube d'une grande lutte - la première de vos luttes à laquelle je ne participerai pas de toutes mes forces -. Rappelez-vous, frères, rappelez-vous toujours, que tout ce que vous avez jamais obtenu, vous l'avez obtenu en faisant bloc ; coude à coude, avec cette certitude qu'une injustice faite à un est une injustice faite à tous, quelles que soient la couleur de sa peau, sa religion, ses idées.

Quant au Péril Rouge rappelez-vous que toute idée qui procure un avantage à la classe ouvrière sera taxée de "rouge". Même les timides réformes sociales par lesquelles le président Roosevelt tenta de mettre un peu de l'abondance américaine à la portée des foyers modestes furent dénoncées par les magnats de l'argent comme le communisme le plus sauvage...

 Un de mes souhaits les plus profonds ces dernières semaines, a été d'être capable de faire encore un dernier tour le long de l'Embarcadère, pour voir les bateaux sur lesquels j'ai navigué, pour respirer la brise marine, pour entendre les grincements des treuils. Je me rends compte que ce ne sera plus possible.

 Quand la prochaine lutte viendra, pensez à moi comme au type maigre, aux lunettes à monture de corne, dont l'arme était une machine à écrire, qui combattait à vos côtés pied à pied et qui est  avec vous en esprit de toutes les forces qui lui restent encore.

 Sincèrement vôtre, Mike Quin

(Traduction Roger Martin)

 

* Il s'agit ici d'extraits de l'introduction que fit Harry Carlisle, qui fut le mentor et l'ami de Mike Quin, pour On The Drumhead (1948).

* En mai 1909, Jack London écrivait une nouvelle intitulée Au Sud de la Fente (The South of the Slot). Une nouvelle quasi révolutionnaire : "Au nord de la Fente s'érigeaient les théâtres, hôtels, grands magasins. les banques, les solides et respectables maisons d'affaires. Au sud se tassaient les usines, les ruelles, les blanchisseries, les ateliers, les chambres de chauffe et les taudis de la classe ouvrière. Cette fente métaphorique exprimait le dédoublement de la société en classes".

* Comment ne pas être frappé par les similitudes entre la vie et les idées de Robert Finnegan et celles de Jack London : même origine, même région, même cheminement, jusqu'à la durée de vie!

 * Cf. Témoignages

* Du nom du président des Etats-Unis Hoover.

* Il s'agit d'Harry Carlisle lui-même.

* New Masses, la revue théorique et intellectuelle du Parti Communiste Américain. joua un grand rôle dans les années 30. Dreiser, Hemingway, Faulkner, Caldwell, Dos Passos, Fast, Maltz, Gold y colloborèrent, régulièrement pour certains, épisodiquement pour d'autres.

* Devenue plus tard Mme Mary Charter.

* Olema : petite ville située (à environ 60 km de San Francisco, dans le comté de Marin.